fév 11

21

Cinéma

Critique : Paul

Un article
par Alex

Délaissant le temps de quelques films leur comparse Edgar Wright, Simon Pegg et Nick Frost se retrouvent devant la caméra pour Paul, une excellente comédie complètement déjantée. Ils se sont donc mis au scénario et c’est l’excellent Greg Mottola (SuperGrave, Adventureland), poulain de Judd Apatow qui réalise le film. Critique d’un hommage aux plus grands films de science-fiction.

Depuis 60 ans, Paul, un extraterrestre, vit sur terre et collabore avec le gouvernement américain. Il se cache à l’abri des regards dans une base militaire ultra secrète… Paul est à l’origine de tout ce qu’on a pu imaginer sur les extraterrestres, du merchandising aux scénarios de Rencontres du troisième type, E.T. ou encore X Files. Hélas pour lui, maintenant que le gouvernement américain lui a soutiré toutes les informations intéressantes sur la vie extraterrestre, il décide de se débarrasser de lui. Paul réussit alors à s’échapper et tombe nez à nez avec deux adolescents attardés fans de science-fiction qui sillonnent les États-Unis en camping car. Paul les convainc de l’emmener avec eux et de l’aider à quitter la terre. La tâche s’avère d’autant plus difficile pour nos deux « héros du dimanche » qu’ils sont poursuivis par un flic implacable assisté de deux pieds nickelés du FBI…

Paul raconte l’histoire de deux idiots anglais décidant de se rendre aux Etats-Unis pour le comic-con, tout en profitant pour faire le tour des lieux « importants » dans la culture geek, tout comme Roswell, Vasquez Rocks ou encore même la Black Mailbox. Non content de parcourir l’ouest des USA, ils tombent ni plus ni moins sur un extra-terrestre. Mais pas n’importe qui. Sur Paul, un extra-terrestre qui s’est lui même appelé ainsi après avoir écraser un chien du même nom avec sa soucoupe volante (en passant, petite référence à Shaun of the dead). Mais disons que Paul n’est pas l’image typique qu’on se fait d’un alien. Grossier, idiot, fêtard, il passe donc son temps à fumer, à boire, à manger et à dire des insultes. Seth Rogen était donc parfait pour l’incarner. Mais un E.T. ne va pas s’échapper si facilement. Le F.B.I. est donc à ses trousses. Pegg et Frost ont effectué un véritable travail sur l’écriture des personnages. Changeant complètement la dynamique qu’on connait si bien depuis Spaced, ils nous offrent une galerie de personnages tous plus improbables les uns que les autres. On a souvent l’impression de voir Nick Frost passer en personnage secondaire. Ici, difficile de savoir qui est le protagoniste tant le temps à l’écran est parfaitement partagé entre les trois personnages. Nick devient donc finalement le plus adulte et celui qui a le plus les pieds sur terre tandis que Simon peut presque être comparé à Elliott de E.T. tant il est psychologiquement proche de Paul. Ces trois joyeux lurons se verront accompagné d’une touche féminine, la charmante Kristen Wiig qui joue une incroyable catho puritaine borgne (oui oui) qui verra sa vie et ses croyances chamboulée par l’arrivée de Paul.
N’oublions pas de citer Jason Bateman, extraordinaire et hilarant qu’on n’a clairement pas l’habitude de le voir dans le rôle de méchant. Il campe ici visiblement le sous-chef d’une section secrète du F.B.I. Véritable psycho, il se voit  accompagné de deux boulets : Bill Hader et Joe Lo Truglio, qu’on connait si bien dans les comédies de Judd Apatow. Antithèse complet de Zoil (Bateman), ils nous offrent à eux trois d’excellents moments, notamment sur la fin.

Certains placent le film sur le même pied que Scott Pilgrim (qui est quant à lui loin d’être vide) puisque le film est ultra-référencé. En effet oui, le film EST ultra-référencé. Parfois ce sera très discret et il y a de nombreuses citations que je n’ai pas calculé. Mais Paul est un vibrant hommage aux films de SF des années 70-80 et si vous n’avez pas une certaine connaissance de ce milieu, un certain nombre de blagues vont vous échapper. Cependant, certaines références sont véritablement ancrées dans la culture (Star Wars notamment) et tellement apparentes dans le film qu’il vous sera difficile de ne pas au moins esquisser quelques sourires (rien que le passage où Pegg et Frost imitent un combat de Star Trek vaut le détour). D’autres décrieront le film comme souffrant d’un vide scénaristique flagrant. Pourtant, si on enlève les blagues ou si on ne les comprend pas, l’élément humoristique est toujours présent. Ainsi les différents retournements de situations, quiproquos et surtout personnage, Paul en tête nous feront régulièrement rire, même si nous ne sommes pas en mesure d’apprécier la totalité des clins d’oeil. Egalement, on remarquera avec bonheur le travail effectué derrière puisque le road trip effectué dans le film a été fait pendant l’écriture du scénario. Oui, le bar Little A’Le’Inn existe.

Sans pour autant révolutionner sur le fond, Paul révolutionne surtout sur le traitement de l’Alien et de tout ce qui se joue autour (notamment qu’il a inspiré Spielberg ou X-Files). Si vous êtes un fan des films de sciences-fiction, vous allez adorer, tout autant que si vous aimez aussi bien l’humour des deux anglais que l’humour de la génération Apatow, elle aussi très présente. Si vous n’êtes rien de cela, si vous n’y connaissez rien en SF, passez votre chemin. Paul n’en reste pas moins un film très drôle et parfois même émouvant. En petit bonus, la scène de combat phénoménale sortie d’un épisode de Star Trek.



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