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Cinéma
Critique : 127 heures, Danny Boyle


La lecture du synopsis pourrait en rendre sceptique plus d’un, mais oui, 127 heures raconte pourtant bien l’histoire d’un mec, Aron Ralston, qui a passé 5 jours avec sa main coincée sous un rocher. Quand on sait que c’est Danny Boyle à la réalisation et quand on a vu Buried il y a deux mois (l’histoire du mec qui passe 1h30 enfermé dans un cercueil en Irak), on va voir le film en toute confiance. Cette critique ne fera pas abstraction de la « plus grave décision de son existence » du héros, puisqu’à mon sens, en avoir conscience avant de voir le film renforce le côté dramatique (et inévitable ?) de l’histoire et instaurera chez vous à la fois un sentiment de stress et de tension tout aussi inévitable, bien que certains indices du film nous amènent à penser qu’il arrivera ce qu’il doit arriver. Mais cessons de tourner autour du rocher, rebroussez chemin dès maintenant si vous ne voulez pas connaître le fin mot de cette histoire, et rendez-vous le 23 février au cinéma si vous avez le cœur bien accroché.
127 heures, réalisé par Danny Boyle,
Avec James Franco, Amber Tamblyn, Kate Mara, Clémence Poésy
Synopsis :
Parti pour une randonnée en solitaire dans les gorges de l’Utah, Aron Ralston, jeune alpiniste expérimenté, se retrouve bloqué au fond d’un canyon isolé lorsqu’un rocher s’éboule, lui emprisonnant le bras. Pris au piège, menacé de déshydratation et d’hypothermie, il est en proie à des hallucinations avec pour seule compagnie le souvenir des siens.
Cinq jours plus tard, comprenant que les secours n’arriveront pas, il va devoir prendre la plus grave décision de son existence…
127 Heures – Bande Annonce VF
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127 heures est en quelque sorte un huit-clos mais en plein air. Le film commence sur un montage très dynamique, la ville, les gens, une musique très entraînante et notre héros qui s’apprête à partir en randonnée. On le suit jusqu’à son bivouac dans lequel il passera la nuit jusqu’au lendemain et le grand départ à vélo. A travers des décors magnifiques naturels et une photo renversante, on suit la promenade de notre randonneur de l’extrême mais randonneur averti quand même (bien qu’il n’est prévenu personne de sa destination) jusqu’à sa rencontre avec deux jeunes filles un peu paumées dans le désert. Après avoir sympathisé on repart dans des décors tous plus beaux les uns que les autres qu’ils soient sous-terrains, aériens ou aquatique. Puis lors de ce qui s’apparente à un aurevoir, Aron Ralston se retrouvera seul, pour finir sa journée du vendredi encore plus seul, coincé dans une crevasse la main coincé entre le flan de cette dernière et un rocher tombé d’en-haut. Il restera ici jusqu’à mercredi.

Dès lors commence une course, course statique, contre soi-même, la soif, la faim, la douleur et en dernier recours, la mort. Aron Ralston aussi fougueux soit-il, envisage la mort mais apriori de ne pas se la donner. Il attend son heure tout en gardant espoir de pouvoir réussir à se libérer de son rocher à travers ses souvenirs, ses hallucinations, et ses délires qu’il prend le temps de filmer. Il envisagera de se couper le bras, mais des soucis matériels lui en empêcheront. Boyle est très dur dans sa manière de filmer, il ne nous épargnera rien de part ses gros plans saisissants accentuant le côté tragique de notre héros malchanceux. Il ne nous épargnera rien non plus du dénouement final, Aron finissant dans un dernier élan de désespoir par réussir à se briser l’avant-bras puis à se déchiqueter tant bien que mal, muscles et tendons.

Cette histoire aussi tragique que surréaliste est pourtant bien celle qui est arrivé à Aron Ralston, le vrai, l’histoire étant tiré du livre autobiographique Plus fort qu’un roc (Between a Rock and a Hard Place) racontant la triste aventure du randonneur coincé dans le Blue John Canyon de l’Utah. La prestation de James Franco y est tout à fait remarquable, le héros de la trilogie Spider-Man oscillant parfaitement dans les diverses émotions que véhicule le film, entre les sensations d’euphories du début et la dureté du dénouement final tant visuellement que sur le plan humain. On appréciera la casting féminin et Clémence Poésy bien que peu présente à l’écran ainsi que la musique de A. R. Rahman a qui l’ont doit déjà celle de l’Oscarisé Slumdog millionnaire. Danny Boyle signe ici un film magnifique dans un décor sublimé et servi par un acteur dans ce qui est surement sa meilleure performance jusqu’ici. Un film à voir donc dès sa sortie, mais j’avertis tout de fois les plus sensibles d’entre vous devant l’atrocité de LA scène qui vous fera vous cramponner à votre siège et au bras de votre voisin de fauteuil.
C’est vachement bien et c’est dans les salles le 23 Février 2011.
En prime, découvrez un extrait :
127 Heures – Extrait 1 VOST
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