sept 10

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Bande dessinée, Interview

Interview : Pénélope Bagieu et sa vie fascinante.

Un article
par Alex

Pénélope Bagieu, illustratrice, 28 ans, a déjà 5 BDs à son actif et de nombreuses illustrations (des affiches de concerts par exemple). Elle est l’auteur de la série Joséphine, trentenaire aussi chanceuse en amour que Bridget Jones, et plus récemment, de Cadavre Exquis, considéré par certains comme la meilleur BD francophone de cette année. Après un échange de mail, elle a accepté de sortir un peu de ses vacances pour répondre à nos nombreuses questions.

Awesome&Awesome : Tu peux te présenter brièvement à nos lecteurs ?

Je m’appelle Pénélope, j’ai 28 ans, j’habite à Paris, je suis illustratrice pour la pub, et je fais aussi des BD (jusqu’ici j’en ai fait 5). A part ça, j’aime bien manger, jouer de la batterie, lire des BD, les bons Bourgogne et je n’aime pas trop faire la cuisine.


A&A : Tu as toujours voulu être illustratrice, je veux dire, c’est un rêve qui se concrétise ?

P : Quand on est enfant, on ne veut pas être « illustrateur », on veut dessiner, juste. Après, une des formes que ça peut prendre, c’est effectivement l’illustration. Mais c’est un mot qui souffre beaucoup en ce moment. Je lis par exemple « illustrateur de BD » pour dire dessinateur, ou encore des filles qui veulent être illustratrices, c’est à dire « raconter des petites histoires en dessin ». Ou des gens qui se disent illustrateurs parce qu’ils dessinent, tout court. Alors qu’être illustrateur, c’est agrémenter d’un dessin quelque chose qui existe déjà (une couverture de roman, une affiche de pub, un article de presse) et surtout être payé pour ça. En fait, on en fait un truc hyper glamour, alors que ça n’a rien à voir avec le fait d’être auteur, par exemple.


A&A : Explique nous un peu une journée type à l’atelier. Comment ça se passe de n’être entouré que de dessinateurs/illustrateurs? Qui sont-ils ?

P : Une journée type à l’atelier euh… ben c’est une journée type dans un bureau, quoi ! Le matin on arrive, on fait du café, après on travaille, chacun fait ses trucs dans son coin, va à ses rendez-vous, sort pour le déjeuner s’il a des trucs prévus…. Et la majorité des gens de l’atelier ne sont pas illustrateurs mais plutôt graphistes voire développeurs, donc l’ambiance est plutôt « ordi posé au milieu d’un bureau » que tables à dessiner et peinture. Ce que ça apporte surtout, c’est consacrer un endroit exclusivement au travail, avoir ses dossiers de compta, ses piles de paperasse et toutes ces choses super sexy ailleurs que chez soi. A la maison, j’ai un tout petit portable, qui ne me sert quasiment qu’à regarder des séries au lit ! Et puis ça évite de bosser en pyjama à la maison en faisant des allers-retours au frigo toute la journée, et ça fait des gens avec qui rigoler en regardant des vidéos dégueulasses sur Youtube (en un mot : une ambiance de bureau, donc).


A&A : Tu as été formée aux Arts Déco, tu as une formation en animation en poche, pourquoi est-ce qu’on ne voit pas plus d’animation dans tes projets ? Lorsque je vois la campagne télé pour Marie, je trouve ça un peu dommage de pas en voir plus. Une équipe s’est occupée de l’animation ou est-ce que tu as tout géré de A à Z ?

P : En fait je n’ai juste jamais travaillé dans l’animation. D’ailleurs, je n’ai pas de formation en animation, parce que la formation de l’ENSAD est une formation généraliste, avec un genre de « couleur », on va dire. Mais par exemple, je suis bien incapable d’animer un personnage ou de bosser dans un studio. Les gens qui font de l’anim en sortant des Arts Deco sont réals plutôt qu’animateurs. Et comme en plus, la seule année du cursus où on se frotte un peu à l’anim (genre cycle de marche et trucs comme ça), je l’ai passée en Erasmus, je suis vraiment la moins bien placée au monde pour faire de l’anim. En revanche, je reste convaincue que c’est une excellente formation pour le dessin : plutôt que de s’emmerder à faire des petits effets d’aquarelle pendant deux ans, j’ai bossé à mort sur du nu, de l’exagération d’attitude, du mime, de la décomposition de mouvement, etc (ce qui est très précieux pour la BD, par exemple).
Quant à la campagne télé Marie, c’est évidemment un studio super balèze qui a fait toute l’anim, le posing et compagnie (pas fous, les mecs). Ils s’appellent Passion Pictures, et ce sont un peu des zinzins de l’anim 3D super belle. J’ai fait le character design, les attitudes, et ensuite je les ai emmerdés pour les détails, du genre « vous avez oublié les ongles rouges ». Pour la petite histoire, une des nanas de ce studio était dans mon jury de fin d’étude aux arts déco. Grosse coïncidence. Bon, ce qui est rigolo, surtout, c’est qu’elle m’avait mis une grosse note de merde et m’avait plus ou moins suggéré de me trouver un boulot dans autre chose que le dessin. (Tu entends, le jeune ! Ne te laisse jamais décourager par des membres d’un jury à l’école ! Rha !).


A&A : Que penses-tu du cinéma d’animation ? Traditionnel ? Et en image de synthèse ?

P : Oh ben comme tout le monde hein, j’aime !


A&A : Et du cinéma en général (oui on aime ça nous, alors on demande parfois), ton dernier coup de coeur ?

P : Je te dirais bien « Inception », mais comme je suis pas encore bien sûre d’avoir tout compris, je vais plutôt te dire le dernier que j’ai vu, avant de partir en vacances, soit Tamara Drewe. Mais j’avais adoré la BD, aussi.
Sinon, en ce moment je dévalise Amazon, et je me suis acheté tout plein de coffrets, pour pouvoir enfin balourder mes vieux DivX rayés, type coffret Le Parrain, intégrale Woody Allen, etc. Un Woody Allen par semaine, très bon antidépresseur. (Mais j’ai le droit d’avouer que je passe surtout mon temps à regarder des séries ? Ou ça fait vraiment pas sérieux ?).


A&A : J’ai lu que Joséphine allait être adapter en film. C’est vrai? Tu as eu ton mot à dire? Tu vas gérer le projet ? Et tu penses quoi des adaptations ciné de bd?

P : Alors j’ai cédé les droits audiovisuels, oui, et je ne sais pas encore dans quelle mesure je vais m’impliquer dans le scénar. En tout cas, je ne vais pas me transformer en Riad Sattouf ou Joann Sfar, je ne suis pas du tout réal, je n’en ai pas les épaules, pas d’inquiétude à avoir ! Et ce sera a priori plutôt un spin off qu’une adaptation, parce que ce ne serait pas très intéressant sinon. On en est à la phase « les producteurs me présentent des scénaristes ». En tout cas, je pense que ce sera dans bien longtemps sur les écrans, c’est complètement dingue, les délais en cinéma, rien à voir avec la BD ! Et pour les adaptations, c’est souvent plutôt une réussite, comme beaucoup je pense j’avais adoré Persepolis et j’attends avec impatience Le chat du rabbin ou encore Aya de Yopougon. Mais bon, dans mon cas, ce sera du live avec une vraie dame qui jouera Joséphine, donc on ne peut pas trop comparer.


A&A : Le premier tome de « Ma vie est tout à fait fascinante » relate de faits se déroulant avant 2008, est-ce qu’on peut espérer un second tome ou est-ce que tu concentres tes parutions papier uniquement sur des choses autres (Joséphine, Cadavres Exquis, magazines…), laissant ainsi les notes de blog à leurs places sur Internet ?

P : Comme tu résumes bien ! Oui,voilà. Je n’ai pas beaucoup de temps, alors ça m’embête un peu de passer ne serait-ce qu’un mois à remettre en forme des notes de blog et faire une couv, quand je pourrais bosser sur des projets qui m’intéressent, plutôt. Un, c’était bien.


A&A : Joséphine raconte la vie de tous les jours. Avec Cadavres Exquis tu as un peu changé de ton, comment t’es venue l’idée de faire ça ?

P : Ouh ben Joséphine ne raconte pas ma vie de tous les jours à moi, en tout cas ! Cadavre exquis est aussi une fiction, mais ce qui change c’est effectivement que l’intrigue tourne autour de trois personnages et non plus un seul. Quant à l’idée, elle m’est venue parce qu’on me l’a proposé et qu’on m’a demandé de trouver une idée ! J’ai assez peu d’initiative, moi, dans l’ensemble.

A&A : Tenir un blog bd est pour certains un exercice ou un moyen d’expression, mais pour toi, a-t-il parfois été une contrainte ?

P : Ah non, jamais, sinon j’arrêterais. D’ailleurs, ça se voit : quand vraiment j’ai pas envie, je ne poste rien pendant un mois. Il ne faut pas tomber dans le travers de la note à tout prix, parce que ça se sent. Enfin je trouve.


A&A : Comment se comportent tes proches avec toi sachant qu’ils risquent de se retrouver un jour ou l’autre dans une note ? se sont-ils calmés depuis le succès de ton blog, par exemple ?

P : Mes vrais proches ne sont jamais sur le blog. Les seuls gens de ma vraie vie que je dessine parfois, ce sont les gens du bureau, mais pour de la fiction, et en leur demandant avant. Sinon, ma vraie vie privée, mes vrais amis, mon vrai mec, jamais de la vie sur mon blog !
Mais ce qui est rigolo (han je suis méchante, j’ai honte… Mais c’est juste que j’en rigolais avec un pote qui a un blog il y a pas longtemps, alors j’y pense, là, comme ça), c’est quand tu es dans une situation pas drôle du tout, genre un dîner un peu chiant, un truc comme ça, et que quelqu’un (qui a l’impression que tout ça est follement haut en couleur et particulièrement désopilant) te dit, avec un petit coup de coude et un regard appuyé « ha ha, alors là, il faut qu’on s’attende à se retrouver sur ton blog demain, j’imagine ! Ça va pas être triste ! » alors que l’ambiance est à chier et surtout qu’il n’y a rien de spécial à raconter. Comme les gens qui te disent systématiquement « oh, il y en aurait, des BD à faire, aussi, sur ——— (remplacer par n’importe quel métier, n’importe quelle entreprise ou secteur d’activité), on en voit des vertes et des pas mûres ! »


A&A : Que penses-tu des bloggeurs BD en général? Il y en a que tu lis particulièrement ?

P : Les bloggers ou les blogs ? Je lis ceux que j’aime aussi dans la vraie vie parce qu’ils me font rire en vrai. Après, c’est vrai que je n’ai pas trop le réflexe « blogs » le matin, je n’en lis aucun de manière systématique. Mais quand je rentre de vacances par exemple, je suis ravie de me jeter sur mon Netvibes et de rattraper mon Boulet, mon Marion Montaigne,  et mon Leslie Plée en retard. C’est tellement cool d’en avoir 15 à lire d’un coup !


A&A : Certains (mais pas nous, jamais!) pourraient confondre ton style avec Margaux Motin. Elle est dans le métier depuis un petit peu longtemps que toi, est-ce que c’est une référence pour toi? Quelle relation entretiens-tu avec elle ?

P : Ah ben comme on dessine toutes les deux des filles et qu’on raconte nos vies, c’est sûr, on fait exactement la même chose ! Haha. (Sympa pour les 12 000 autres meufs qui dessinent comme ça mais à qui on ne nous compare jamais, note)
Non pour de vrai, une référence, il faut peut-être pas abuser, j’ai pas non plus appris à dessiner à 23 ans. Ce qui est sûr, c’est qu’on a les mêmes références graphiques, notamment parce qu’on aime les mêmes livres pour enfants. On se retrouve à se refiler les boulots de l’une à l’autre, en fonction des emplois du temps de chacune, parce qu’on a le même agent et que les mêmes clients en pub font appel à nous. A part ça, elle ne se cache pas du fait que mon blog lui a donné envie d’en créer un, et moi j’aime ce qu’elle fait et j’ai sa BD dédicacée à la maison. Ce qu’il y a, aussi, c’est qu’on se voit surtout pour se parler de tout sauf de boulot, mais plutôt de nos histoires de mecs et pour bitcher, en se saoulant au Bourgogne et en mangeant des pâtes, jusqu’à la fermeture et qu’on nous foute dehors. (ça se termine en grande séance de « hugs » avinés en pleine rue, c’est pathétique)


A&A : Où est-ce que tu te situes par rapport aux dessinateurs BD? Plus en bloggeuse ou plus en illustratrice sans blog (ma question n’est pas très claire) ?

P : Alors oui, je te le confirme, ta question n’est pas à proprement parlé LIMPIDE.
Je ne me sens pas « blogueuse » dans l’absolu, dans la mesure où je ne joue absolument pas le jeu du blog : pas de commentaires, pas de liens, pas de régularité dans les notes, je ne vais jamais sur mon propre blog et pas énormément sur ceux des autres. Ce n’est pas pour autant que je ne trouve pas que c’est un biais génial pour montrer ses dessins, qui a tout chamboulé dans la façon dont les gens peuvent lire de la BD, alors plus il y en a, mieux c’est. Mais j’aime mieux, en tout cas pour ce qui est de mon cas à moi, le prendre comme un petit défouloir. En dehors de ça, en terme de temps, je passe plus de temps à bosser sur les BD (parce que je m’applique plus, oh la vilaine !), et en terme d’argent, je comble plus mes découverts avec l’illustration. C’est ce que je peux te fournir de mieux, comme réponse !


A&A : Tu penses quoi de toutes ces BD style « les blondes » ou « le guide des 30 ans » ou autre « les meilleurs blagues des Ch’tis » ?

P : Je les ai pas trop lues, mais à ma décharge, j’ai commencé à lire de la BD très très récemment. J’étais dans une dimension parallèle jusqu’à mes 25 ans, dans laquelle la BD n’avait pas de place du tout. Je suis complètement passée à côté de tout ce qu’on englobe à la va-vite dans la case fourre-tout « L’Association ». Du coup, j’ai commencé par rattraper tout ça, et puis après il a fallu que je me mette à la BD américaine, et maintenant je me rends compte que je n’ai pas non plus lu de comics et que j’ai zappé des choses extraordinaires, bref, je suis pas rendue. Alors je lis, je lis, je lis, tout le temps, mais ça prend du temps ! Evidemment, c’est sûr qu’il y a des thèmes en BD qui me branchent moins que d’autres, j’aime mieux quand ça raconte une histoire que quand c’est une succession de gags, et que j’aime mieux les fictions aux récits trop autbios, mais comme pour un vrai livre, en fait. Chacun son truc.


A&A : As-tu vu monter ta popularité graduellement ou cela s’est-il fait par pallier, suite à certains évènements (articles dans la presse par exemple) ?

P : Ben en fait, quand on fait des livres, on ne la voit pas, sa popularité, de fait, puisqu’on ne voit pas les gens qui lisent. Une fois par an, on te dit combien tu as vendu d’albums, en gros, et puis basta. A la limite, le seul moyen de le voir, c’est le nombre de gens qui t’attendent aux séances de dédicaces. Et ça, je dirais que je n’ai pas vu de boum démographique de dingue depuis le début, c’est un peu toujours du même ordre (quand c’est pas les mêmes gens !) Les articles en presse, c’est pas tellement des évènements, c’est le boulot des attachés de presse de l’éditeur, en général, toi tu ne les vois même pas passer ! Ta mamie te dit « oh ! Je t’ai vu dans Paris Match, je l’ai montré à toutes mes voisines ! » Et puis même une pleine page dans le Monde, ça vend moins qu’un passage de 10 secondes sur TF1, il faut relativiser.


A&A : Est-ce que tu penses avoir été au bon endroit au bon moment ?

P : Je sais pas. Quand j’ai commencé à chercher du travail, les magazines féminins m’ont dit que mon style était trop pouet pouet, et que le truc du moment c’était l’illustration plus « mode », pas les trucs trop rigolos. On m’a (pour de vrai) suggéré de plutôt dessiner des nanas super maigres et super bien sappées, pour trouver du travail. Ils m’ont environ tous envoyer péter (mais gentiment, hein). C’était, coup de bol, plus ce que recherchaient certaines campagnes de pub pour rendre leur client plus sympa, plus proche des gens, moins prise de tronche, du coup c’est là que j’ai trouvé du travail. J’ai toujours fait exactement ce que je fais aujourd’hui. Dans ma chambre chez ma mère, j’ai une cinquantaine de carnets, de cahiers et de trucs reliés main, avec des petites histoires de gens qui vivent un peu ce que je vis (à divers niveaux de qualité de dessin selon les âges, hein, on va pas se mentir). C’était ce que je voulais faire quand j’avais 5 ans, même si je savais pas que c’était un métier. J’ai toujours voulu faire deux choses : dessiner, et raconter des conneries. Celui qui a plutôt été au bon endroit au bon moment, à la limite, on pourrait dire que c’est mon éditeur, qui ne faisait pas de BD mais a eu envie de me proposer de faire un bouquin quand il est tombé sur mon blog qui était lu par personne, avant que ça ne soit systématique de le faire. Il y a toujours eu des tas de gens qui faisaient ça dans leur coin, ce genre d’histoires, il fallait juste que les éditeurs se rendent compte que ça pouvait marcher pour de vrai, et faire vendre des albums, et du coup se décider à en publier. Mais, comme tous les autres gens qui gribouillent des petites anecdotes, même si je n’en avais rien fait de « sérieux », j’aurais continué à faire ça dans ma chambre, sur mon blog. Tu devrais plutôt poser la question à Yannick Lejeune, du Festiblog, qui te montrera une sélection de bien jolis morceaux choisis  de  » nouveaux blogs de filles qui parlent de shopping » dont il reçoit la candidature.


A&A : Les médias traditionnels (presse, radio, télévision) ont encore besoin du support papier pour (sa)voir qu’un auteur existe, penses-tu qu’ils ont un tgv de retard ou bien ce support est-il, quelque part, un aboutissement ?

P : Je suis pas du tout d’accord, surtout. Avec trois ans de retard, certes, mais on ne compte plus les sujets sur « le phénomène des blogs », « ces bloggers qui s’auto-publient », « découverts grâce à internet » et gnagnagna. On dirait que les journalistes ont découvert les blogs il y a six mois, j’ai l’impression qu’ils ne parlent que de ça, comme si c’était un truc qui venait de démarrer ! C’est la tectonik de ces deux dernières années, les bloggers reçoivent toutes les semaines des mails de journalistes qui préparent justement un grand sujet hors des sentiers battus sur cet incroyable nouveau phénomène méconnu !
En revanche, pour les lecteurs, il y a bel et bien des gens qui ne liront un auteur que s’ils peuvent l’acheter « en papier ». On ne va pas le leur reprocher, c’est vrai que c’est quand même plus agréable à lire. (je suis mieux dans mon bain que sur ma chaise de bureau, perso)


A&A : Comment est-ce que tu te situes vis-à-vis des réseaux sociaux (twitter, facebook, je ne crois pas que tu ais une page officielle tenue par toi, etc) ? 10 000 followers sur Twitter c’est pas rien. Étonnée par un tel succès ?

P : Alors  le « succès » sur Facebook et Twitter, je t’avoue que j’ai pas encore très bien compris le principe. Sur facebook, je n’ai que les gens que je connais en vrai, dans la mesure où, sauf si j’ai rien compris au principe, je m’en sers plutôt pour montrer les photos du goûter d’anniversaire de mes neveux ou taguer mes amis sur les vidéos de nos soirées bourrés. Je n’ai pas d’info super intéressante pour les gens qui ne me connaissent pas, je ne raconte rien de pro, du coup je m’en tiens à ça : les gens que je connais. Je n’ai pas encore bien saisi l’intérêt d’avoir sa fanpage non plus, donc je ne saurai absolument pas te dire qui la gère. ( Il y en a plusieurs sur Facebook, peu d’entre elles orthographient mon nom correctement, mais au bout de 28 ans, j’ai l’habitude.) Mais Twitter, ça j’adore ! Bien sûr comme je sais que c’est lu uniquement par des gens que je ne connais pas, je ne dirai jamais rien de perso dessus, mais par exemple, tu cherches une info, tu demandes, et tu as ta réponse dans la minute. Pareil si tu veux faire circuler une annonce pour un de tes potes, ou refiler une place de concert, ou demander l’adresse d’un resto que tu as oublié, un conseil sur un film… Enfin bref, je trouve que Twitter, c’est vraiment cool. Et quand, cerise sur le gâteau, les gens que tu suis postent des trucs drôles (ce qui est mon cas), c’est encore mieux. (c’est quand même là qu’on trouve les meilleurs lolcats)


A&A : Monbeausapin.org a été un franc succès, est-ce que tu comptes réitérer un événement de ce genre ou bien est-ce que c’est trop contraignant ?

P : Oh, oui, c’était tellement cool ! J’étais vraiment super contente d’être allée de la case « qu’eeeeeeest-ce que je pourrais bien faire pour récolter des sous ? » à l’étape où la Croix Rouge a reçu son chèque et ils m’ont dit merci. C’était la première fois que j’avais enfin l’impression que tout ce truc de blog et d’internet pouvait vraiment vraiment servir à faire des choses en grand (qu’est-ce que c’est tarte,, hein, dit comme ça!) . Alors si une autre année, j’ai de nouveau le courage, et surtout le temps, oui, je le referais bien volontiers (avec de l’aide, hein, pas de blague)


A&A : Tu as tout plaqué pour partir aux Etats-Unis pendant un moment. Pourquoi ? Est-ce que ça t’
apporté des choses vis-à-vis de toi même mais surtout vis-à-vis de ton écriture, de ton dessin ?

P : Parce que j’avais besoin de vacances ! Ça n’avait absolument rien de pro, c’était des vacances, avec une copine, j’y ai fait tout sauf bosser, rien à voir avec l’écriture ou le dessin, donc.


A&A : La We are the 90′s en est à sa 20ème édition, faut croire que tout va pour le mieux pour DJ Brenda ?

P : Ouh et encore, tu ne sais pas ce qu’on vous mijote pour la grande We Are de novembre ! Un lieu zinzin ! Des guests de folie ! Une ambiance de déglingo !  J’espère que je ferai encore la neuneu derrière les platines avec ma musique d’ado attardée quand j’aurai 40 ans, et que mes enfants auront bien honte de moi.


A&A : Tu nous conseillerais quelques lectures? Que ce soit actuelle ou ancienne, des comics ou même des mangas? Le tome 3 de Joséphine (il sort quand) ?

P : J’ai lu Belleville Story (Dargaud) la semaine dernière, c’est bien sombre et bien haletant, j’ai adoré ! A part ça, je suis en plein 20th Century Boy, un gros classique mais que je n’avais jamais lu encore, du coup je fais les 100 pas devant chez mon libraire en attendant l’ouverture pour avoir ma came (et d’ailleurs, maintenant je suis prudente, je les achète par trois ou quatre, pour jamais être en manque). Bon et puis plus classique mais qui m’a quand même bien rendue folle ces derniers temps : la série des Walking Dead, mais je ne m’étends pas trop sur le sujet, parce que je crois que je vais carrément en faire une video pour ma petite chronique sur Madmoizelle.com et il faut que je me garde des trucs à dire, si je veux convaincre des jeunes filles en fleur de lire des histoires de gens qui se font manger le cerveau. Mais un conseil : à lire vite vite avant que la série télé ne sorte (c’est à dire bientôt), et en plus Delcourt sort le tome 12 en VF à la rentrée ! Joie !  (Le tome 3 de Joséphine sort le 23 septembre, je crois, mais à vérifier. Il s’appelle « Joséphine change de camp »)


A&A : Même question mais en musique ?

P : Je recommande chaudement le dernier Arcade Fire, tout simplement (c’est dans les vieux pots, tout ça…). Et plus ancien, mmhhh… quand il fait beau comme ça, les Kinks !



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