août 10

13

Awesome, Cinéma

The Expendables – critique avant-première

Un article
par Ludo

On l’attendait ce film, on l’attendait ! Dès l’annonce de ce dernier projet de Sylvester Stallone on imaginait déjà l’affiche, un fantasme cinématographique pour tous les fans d’action-movies des années 80. Réunir dans un même castings des acteurs mythiques dans un film burné au possible, le pari était risqué. Après nous avoir montré que son talent n’était plus à refaire (et absolument pas sur la descendante) avec John Rambo (Rambo IV) et Rocky Balboa (Rocky VI), notre ami Stallone nous offrait ici le petit Jésus en culotte de velours de l’action-movie contemporain en réunissant des vieux (et moins vieux) briscards du cinéma de série B. Le défi semblait à la hauteur de l’acteur/réalisateur, le résultat lui, bien que satisfaisant, laisse quand même une petit goutte d’amertume en bouche. Retour sur la soirée du 5 août !

Une fois n’est pas coutume, Awesome&Awesome (les deux!) étaient présents pour l’avant-première de The Expendables (ou Expendables : Unité spéciale) au Grand Rex à Paris. La foule était au rendez-vous puisqu’on attendait en personne le héros de la soirée, Sylvester Stallone et ses compagnons du grand écran Jason Statham (Le Transporteur, Hyper Tension…) et Dolph Lundgren (Rocky IV, The Punisher et pleins de nanars musclés). La tension était présente et c’est sous l’acclamation du public du Grand Rex que Sly a fait son entrée. Il n’a pas échappé aux cris du public scandant l’un de ses noms les plus célèbres du cinéma, j’ai bien sûr nommé « ROCKY ROCKY ROCKY ROCKY … » s’amusant ensuite à faire quelques pas de boxe avec Dolph Lundgren (comme dans Rocky IV naturellement!). Mais revenons au film.

Expendables : Unité spéciale (The Expendables)

Réalisé par Sylvester Stallone
Avec Sylvester Stallone, Jason Statham, Jet Li, (Mickey Rourke, Bruce Willis, Arnold Schwarzenegger …)

« Ils n’ont jamais connu d’autre mode de vie que la guerre. Ils n’ont de loyauté qu’envers les membres de leur propre équipe. Ce sont les Expendables : Barney Ross, le chef et cerveau de l’équipe, Lee Christmas, un ancien SAS expert en armes blanches, Yin Yang, expert en corps à corps, Hale Caesar, spécialiste en armes lourdes, Toll Road, expert en destruction, et Gunnar Jensen, tireur d’élite.
Vivant en marge de la loi, ces mercenaires aguerris acceptent ce qui semble être une mission de routine : une opération secrète financée par la CIA pour infiltrer un pays sud-américain, le Vilena, et renverser son impitoyable dictateur, le général Garza. Mais ils vont vite découvrir qu’il s’agit d’une mission suicide …
 »

On ne va pas faire dans la dentelle, on est là pour parler « action movie ». En soi, le film n’est pas mauvais, on passe un bon mais c’est loin d’être parfait. Le problème réside dans le fait qu’on attendait un putain de film d’action à la sauce année 80, et lorsqu’on voit le casting on se dit qu’on va s’en prendre plein la gueule pour pas un rond mais il n’en est rien (ou presque rien). Le film souffre au niveau de son scénario en dents de scie, nous faisant osciller entre bons moments d’action et des moments qui servent un peu à rien. Là où John Rambo (Rambo IV) nous raconte une histoire qui a le mérité qu’on s’y intéresse, on nous sort ici un vague cliché sous fond de guérilla et de fille en détresse à sauver des mains du méchant papa dans son manoir. Alors oui, il y a souvent une fille à sauver, mais faut pas nous la servir de cette manière. Vous allez me dire, « et l’action alors?! ». Et bien de l’action il y en a, heureusement. Elle est bonne, mais la nouvelle vague de monteurs hollywoodiens nous proposent encore un montage de plans serrés et rapides, ce qui fait qu’on y perd beaucoup en lisibilité. La scène finale explosive marquera surement, rien que pour le raisonnement sourd de la sulfateuse-déchicteuse de Terry Crew. Statham a du panache en solo et la scène de l’attaque des docks par l’avion de Sly et Statham est intelligemment trouvée. En dehors de ça, c’est un peu léger.

Pour ce qui est du casting, il y avait matière à faire quelque chose, on nous parle d’une « unité spéciale » mais les vrais seuls moments valent quand nos héros sont en solos ou sur le duo Stallone/Statham (maître/élève). On notera quand un même un effort dans la scène d’intro. Le reste du casting est sous exploité, Rourke fait de la figuration, le potentiel « kung-fuesque » de Jet Li est carrément mis de côté. Le personnage explosif de Terry Crew ne tire son épingle du jeu que dans la scène finale et je ne parle pas des autres membres dont j’ai déjà oublié le nom. Ca fonctionne du côté de Stallone et Statham ainsi que pour Eric Robert dans son rôle de méchant dont la prestance à l’écran n’est plus à refaire. Bien qu’inutile, la scène entre Stallone, Schwarzenegger et Bruce Willis vous fera surement sourire tant les dialogues utilisés sont d’un tranchant criant de vérité allant jusqu’à la private joke vieille de 25ans entre Sly et Schwarzy.

Au final, bien que sympathique, le dernier film de notre ami Sly nous laisse un arrière goût amère, une vague impression de gâchis. Expendables c’est un film tourné entre pote, pour le fun et qui avait un potentiel monstrueux. Voguant peut-être un peu trop sur l’humour, le scénario tombe un peu aux oubliettes, là où les derniers Rambo et Rocky avaient surpris alors qu’on attendait un Stallone vieillissant. De vieillesse il en est d’ailleurs question dans The Expendables, c’était surement là où le scénario aurait pu offrir quelque chose d’un peu plus profond. Alors oui, c’est évoqué, entre les « on est trop vieux pour ça » (qui fonctionne pourtant avec L’Arme Fatale) et la presque passation de pouvoir entre Stallone et Statham un peu faiblarde. En revoyant un peu ses espérances sur le film on se dit que le résultat n’est finalement pas si loin d’un film des années 80, mais bien que parfois violent à souhait, le montage trop dynamique n’offre pas la lisibilité d’un Rambo ou d’un Commando d’antan. Hommage aux action-movies des 80′s oui, mais peut-être un peu trop proche d’un mauvais action-movie (sans tomber dans le nanar pour autant). L’action est bonne, parfois jouissive mais en dehors de ça, on s’ennuie un peu.
Est-ce qu’on peut espérer une suite? Pourquoi pas, mais va falloir y songer rapidement, la fin du revival a peut-être déjà sonné. On va dire 7/10, mais faut pas en attendre trop de l’équipe de musclés de Monsieur Sly.

Sur ce, « Salut les musclés! » et rendez-vous au cinéma le 18 août 2010.



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