août 10

22

Cinéma

Critique : Le bruit des glaçons

Un article
par Alex

Quand Bertrand Blier, réalisateur des Valseuses et de Combien tu m’aimes? a annoncé réaliser un film en compagnie de Jean Dujardin et de Albert Dupontel, mon intérêt a commencé à naître. Au vu du synopsis et de l’affiche, mes yeux ont commencé à pétiller. S’entourant des deux meilleurs acteurs français, Blier nous livre un film exceptionnel.

Blier n’y va pas par quatre chemin. Premier plan, l’ambiance est déjà là. Musique glauque, un homme, la quarantaine, plutôt laid, sonne à un portail. Tout est fait pour nous mettre mal à l’aise et nous faire croire dans un thriller. Jusqu’à cette phrase.

 » Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance… « 

Pendant 1h30, Bertrand Blier fait preuve d’un regard absolument hilarant et noir sur un sujet tabou, le cancer. Accompagné de son seau à glace (d’où le titre, le bruit des glaçons nous accompagnera constamment durant les scènes), Jean Dujardin campe un rôle visiblement taillé pour lui. Rien ne va plus pour lui, quitté par sa femme, écrivain déchu, alcoolique confirmé. Quand à Albert Dupontel, il n’est finalement pas si loin des rôles de ses réalisations tant Le bruit des glaçons frôle avec l’absurde. En effet, de nombreuses scènes nous ferons rappeler que nous sommes dans un film. A plusieurs reprises, Charles (Dujardin) s’adressera directement au spectateur. Ce qui accentuera encore plus ce sentiment de malaise.

Le bruit des glaçons nous tiraille entre rire et malaise, puisque c’est souvent hilarant, même si l’humour est très noire. Sentiment approfondi lors des scènes de flashback misent en scène de façon peu… ordinaires. En effet, le passé et le présent se mélangent, les personnes du présent assistent directement à la scène et les personnes du passé la racontent.
Blier décide donc d’adopter ce total décalage entre  sa réalisation et son scénario.
Histoire d’ajouter un peu de sel à tout ce bazar, le cancer du sein de Anne Alvaro se ramène aussi. Et apprenant ces tristes nouvelles, l’ex-femme de Charles et son fils reviennent, alors que la jeune russe, incarné par la jolie Christa Théret qu’il avait recueilli s’en va et nous offre une scène de sexe surréaliste.

La fin, apogée loufoque du film, est finalement ouverte à tous. Un bon film français, c’est si rare, qu’il faut sauter sur l’occasion. Surtout à ce niveau d’excellence.



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