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Cinéma
Critique du nouveau Tim Burton : Alice aux pays des Merveilles


Après deux films plus que décevants, pour ne pas dire mauvais (Sweeney Todd et Charlie et la chocolaterie), Tim Burton revient avec une nouvelle adaptation du conte de Lewis Carroll, Alice aux pays des merveilles. C’est grâce à Allociné que nous avons pu assister à la suite (oui oui, il s’agit en fait d’une suite) des aventures d’Alice, séance présentée simplement par Monsieur Tim Burton lui-même. Un grand merci (encore une fois) donc à Allociné et Al Amine. Sortie le 24 mars.
Alice, désormais âgée de 19 ans, retourne dans le monde fantastique qu’elle a découvert quand elle était enfant. Elle y retrouve ses amis le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille, le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou. Alice s’embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge.
C’est une énième fois que Burton retrouve ses acolytes Depp et (sa femme) Bonham Carter pour ici réécrir le conte de Lewis Carroll où il se focalisera beaucoup plus sur la psychologie adulte et rationnelle de Alice ainsi que sur le personnage complètement déjanté du Chapelier Fou.
Alors que le réalisateur de « Edward aux mains d’argent » faisaient depuis quelques années, en quelques sortes, une pâle copie de lui-même, il est ici de retour (mais pas en grandes pompes) pour recréer un univers loin d’être enchanteur tournant (pour ne pas changer) vers le gothique supra glauque. Ainsi on voit Wonderland (le pays des merveilles) révélant sa vraie nature, du nom de Underland (la scénariste révèle qu’en fait, Alice étant plus jeune avait compris « Wonderland » à la place de « Underland »). Ainsi, l’âge adulte de la protagoniste lui offre alors une toute autre psychologie qu’on a pu connaître dans le livre ou le dessin animé. Mia Wasikowska (pour qui ce n’est pas le premier film, on a déjà pu la voir dans Les insurgés) incarne alors avec brio cette blonde au fort caractère. Le scénario est ici très bien construit puisqu’on lui offre un passé et même une classe sociale intervenant inconsciemment dans le caractère de la jeune fille.

Le chouchou de Burton, Johnny Depp, incarne le Chapelier Fou, rôle qui lui sied à merveille. Le chapelier représente ici l’antithèse complète de Alice lui permettant alors de faire les choix qui lui sont importants. Depp surjoue et cabotine, faisant du « Johnny Depp chez Tim Burton », rien de bien grand donc. La romance entre lui et la demoiselle issue du « monde réel » (mais où est vraiment la réalité ici quand on voit l’aristocratie de l’époque) vient quant à elle comme un cheveu dans la soupe tant elle est mal amenée. Non, le rôle ici à retenir en plus de celui de Mia, est celui de Helena Bonham Carter qui joue avec grande folie La Reine « qu’on leur coupe la tête » Rouge, sadique, cruelle et complètement déjantée.
Scénaristiquement parlant, nos deux acteurs principaux s’offrent une dimension psychologique, une maturité et un passé tel qu’il ne reste plus de place pour les autres personnages, et c’est là la plus grande faiblesse du film : se focaliser sur une relation inexistante entre deux personnes opposées. Ainsi, la Reine Blanche, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet (insupportables au possible), la Chenille ou même l’adorable et excellentissime Cheshire Cat disposent d’un mauvais traitement quitte à presque passer aux oubliettes (presque). L’intrigue principale passe parfois en second plan (soit : combattre la Reine Rouge et … ) et certaines ellipses scénaristiques restent tout de même très maladroites.
On a toujours reconnu à Burton de savoir créer un univers. Il ne failli pas à la règle et c’est probablement la plus grande qualité du film. Ici, il assombri le Pays des Merveilles sans pour autant dénaturer l’œuvre de Lewis Carroll. Visuellement certains plans sont complètement hallucinants, d’autres un peu moins crédible mais vu le paradoxe totale entre certaines scènes, on peut penser à un choix lui-même de Burton pour accentuer le « rêve » d’Alice. Gros gros points aussi aux personnages notamment pour le chat de Cheshire, le lièvre ou le lapin, criant de vérité.

On regrettera la fin, beaucoup trop cliché, happy end, attendue et qui n’est pas sans rappeler Le monde de Narnia et autre films de fantasy pour mômes. Danny Elfman fait un travail bien trop anecdotique et la 3D est ici complètement inutile et bidouillée (tourné en 2D et foutu en 3D en post-prod en 6 mois, super).
On aurait pu s’attendre à mieux venant de Tim Burton mais on s’en contentera largement voyant les deux derniers films qu’il a pu nous donner. Un bon film en somme et une jolie réécriture du conte culte de Lewis Carroll.















Bonjour, est ce que le film est visible en 2D même si le cinema est équipé en 3D ?
Merci.
le 20 mars, 2010 à 19:54
Si tu enlèves les lunettes oui, mais ce sera un peu flou
plus sérieusement, on ne peut pas savoir, ça dépend de la programmation de ton cinéma
le 22 mars, 2010 à 17:18
Charlie et la chocolaterie et Sweeney Todd c’est pas comparable…
Surtout que Charlie et la chocolaterie est relativement bon voir très bon…
le 23 mars, 2010 à 21:30
Franchement je trouve ce film trés bien…….tu sais Alex c du burton et il ne changera pas dans sa manière de tourner ses films…je pense que tu t’attendais à quelque chose de super extraordinaire mais il faut regarder ses films simplement…moi je dis les films de Burton sont toujours des chefs d’oeuvres. J’aime ce style morbide, loufoque et glauque….et puis si tu lis le livre de Alice aux pays des merveilles c’est pas non plus trés top….en tout cas « Chessur le meilleur personnage du film est le chat du Cheshire!!! »
le 29 mars, 2010 à 07:29
Ah mais je disais pas qu’il change sa manière de filmer, juste qu’il se repose sur ses acquis et se foule pas vraiment
le 29 mars, 2010 à 10:14
[...] déjà sur Alice au pays des merveilles, le dernier Tim Burton, de bonnes critiques… et de moins bonnes. Je ne vais pas pondre un énième article fustigeant Tim Burton pour avoir fait du Tim Burton: de [...]
le 4 avril, 2010 à 18:25