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Cinéma

Critique avant-première : La Princesse et la grenouille

Un article
par Alex

Autant vous le dire tout de suite, je n’avais pas vu un Disney au cinéma depuis le très moyen « Kuzco l’empereur mégalo » (je ne prend pas en compte Volt qui ne relève pas de l’animation comme je la connais depuis ma naissance, ça reste des images de synthèses (attention, Volt est excellent hein, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dis)), même si j’ai eu l’occasion de voir en DVD Lilo et Stitch, le très mauvais Frère des ours (oui j’ose) ou La planète au trésor. Quand Lasseter est arrivé aux commandes de Disney et qu’il a fermé les débiles studios « Toon Disney » qui se chargeaient de faire des suites fadasse en direct-to-dvd (aller on peut toujours retenir « Le roi Lion 2″), c’est avec une immense joie que j’ai attendu et entendu cette nouvelle de réouvrir les studios d’animations « à l’ancienne ». Et c’est donc le mercredi 6 janvier, 3 semaines avant sa sortie, que le Club 300 d’Allociné (via Cloneweb) m’a convié à cette très belle avant-première.

Difficile de faire la critique d’un film où lorsque quand on voit le logo Disney arriver, nos yeux s’ouvrent très grands, des frissons (de nostalgies?) parcourent notre échine, des larmes viennent embuer nos yeux et surtout quand notre cerveau se branche sur la case « j’ai 8 ans ». Car oui ce sont tous ces sentiments que j’ai eu en découvrant la Princesse et la Grenouille.

L’histoire : Le Prince Naveen de Maldonia est transformé en grenouille par le Dr. Facilier, un terrifiant magicien vaudou. Afin de retrouver sa forme humaine à l’aide d’un baiser, Naveen décide de trouver une princesse et tombe sur Tiana, qui n’est en fait qu’une jeune serveuse. Cette erreur de la part du prince Naveen fait que le baiser n’a que pour seul effet de transformer Tiana en grenouille. Tous les deux décident donc de partir dans les marais de la Louisiane à la recherche de Mama Odie, grande prétresse vaudoue aveugle de 197 ans, qui est la seule à pouvoir briser le sort. Dans cette aventure ils seront aidés par Louis, un alligator trompettiste ainsi que par Ray, une luciole désespérément romantique et folle d’amour pour une certaine Evangeline.

A la base, La princesse et la grenouille est un conte bien connu des frères Grimm. John Musker et Ron Clements (deux mecs qui ont juste bossé sur La petite sirène et Aladdin, coïncidence ou pas puisque Naveen est physiquement un mix entre Eric et Aladdin) décident de mettre cette histoire en Nouvelle-Orléans au début des années 1900 mettant alors une nouvelle dimension au récit puisque tout se passe sur fond de jazz.

Difficile pourtant d’entrer dès le début dans le film. Musker et Clements n’ont clairement pas perdu de leurs talents. Tout est extrêmement soigné, surtout au niveau des décors qui sont simplement sublime. Mais la fluidité d’antan n’est pas là, hélàs. Passé cette première constatation, plus rien ou presque ne viendra entraver la fabuleuse magie qui opère comme dans les Disney d’avant. Et ça, c’est priceless. On se retrouve alors plongé en Louisiane au son de saxophones, de guitares et entouré de crocodiles, de grenouilles et de vaudou (le méchant m’a d’ailleurs énormément rappelé la sorcière vaudou de Monkey Island). Car en plus de nous fournir pratiquement tous les ingrédients qui font que un disney est un disney, ils nous sortent une nouvelle princesse qui n’a rien à envier aux précédentes.

La réalisation, hormis comme je le disais parfois le manque de fluidité de certains passages reste impeccable. Les chansons s’enchaînent sans accroche et avec bonheur, avec une grosse grosse mention spéciale à celle lors de la séance vaudou « friens on the other side » nous offrant une séquence grandiose digne de « Soyez prêtes » de Scar. Il est important aussi de remarquer que les paysages sont extrêmement soignés, notamment ceux du bayou.

Au niveau des personnages secondaires, le méchant Dr. Facilier et son histoire avec le valet de Naveen reste trop sous-développé et ça aurait pu permettre des passages encore plus hilarant. La sorcière vaudou du bayou est pratiquement inexistante même si elle représente une bonne partie du pourquoi du récit. Mais Ray et Louis (une sorte de Baloo crocodile) sont tout simplement excellent et nous offrent des bonnes barres de rire (et j’avais peur que le personnage de la luciole soit un peu lourdingue). Concernant la bande son, inutile de dire que, comme d’habitude, le travail de Randy Newman est parfait. Et excepté la chanson du générique de Ne-yo, les chansons sont excellentes et pétillantes. Inutile de préciser que le scénario reste très calculé malgré un élément assez couillu que je ne vous dévoilerai pas mais qui a bien failli m’arracher une larme (faut dire que la magie de Disney m’a embué les yeux pendant 1h47). Enfin on appréciera aussi les diverses références aux classiques notamment à la fin lors d’une parade qui n’est pas sans rappeler celle du parc, et un passage qui vous fera penser que finalement, il en faut peu pour être heureux.

Il me réjouit de le revoir au cinéma en VF cette fois ci afin de profiter de l’excellent travail de Richard Darbois qui double Louis. Disney signe donc un retour aux sources qu’on va suivre avec grande attention. Merci Monsieur Lasseter.



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