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Cinéma

Critique avant-première : Max et les Maximonstres

Un article
par Alex

Where The Wild Things Are

C’est le lundi 30 novembre que j’ai eu l’occasion de voir en avant-première Where the wild things are (Max et les maximonstres en français), organisée par le cinéma des cinéastes, en présence même de Spike Jonze.
Max et les maximonstres est probablement un des films que j’attendais le plus cette année depuis que j’avais vu la bande annonce (le deuxième en fait, le premier étant Avatar). Et Spike Jonze avait une mission très difficile à réaliser : adapter un livre pour enfant, best seller aux Etats-Unis, de 100 mots en un film de 1h40.


J’ai pu lire le livre en anglais il y a quelques mois, et sans être exceptionnel, il en ressort quelque chose de très fort, un thème important qui traverse les générations. La relation parents/enfant. Ici, Max, enfant turbulent, a une imagination extrêmement débordante. Un soir, il devient incontrôlable et se fait punir par sa mère. C’est là où les deux versions divergent. Là où dans le livre de Maurice Sendak, Max monte dans sa chambre, ici, le petit homme déguisé en loup fugue et s’imagine en mer (il arrive au bord d’un lac, et ça permet plus de réalisme que la création d’une forêt dans une chambre. On se laisse emporter en se demandant si finalement, c’est vrai).
Le pari est réussi, Spike Jonze a fait ici un travail absolument magnifique. On a deux façons d’aborder le film. Si on prend un regard enfantin, c’est simple, on s’éclate. C’est hilarant, adorable, joli et prenant. Il y a des passages très drôles où chacun de nous peut se reconnaître dans se petit garçon déguisé en loup qui fait des câlins à des grosses peluches.
Et pourtant, nous, adulte, impossible de s’amuser. Les maximonstres, aussi poilus et doux soient-ils, sont immenses. Et pendant 2h, on est mal à l’aise. Leurs immenses dents, leurs immenses griffes, leurs immenses tailles, tout est là pour créer un sentiment d’insécurité autant au spectateur qu’à Max. Car oui, on a toujours cette impression que Max, malgré son statut de roi des maximonstres, va se faire manger, écraser, ou tuer. Et c’est une des raisons de pourquoi le film n’est pas pour les enfants, mais sur l’enfance. La deuxième raison est un thème déjà abordé dans Coraline (où vous pouvez lire ma critique ici), la relation parents/enfant donc où là, Max est laisser à lui-même. Mais Max et les maximonstres ne prendra jamais parti.

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Mais le message véhiculé n’est pas le seul point fort du film. Car en effet, Jonze vis-à-vis du livre n’a finalement pas énormément développé l’histoire. En version originale, l’œuvre de Maurice Sendak contient 100 mots, 100 mots pour décrire une histoire très forte. Spike ne fait pas beaucoup plus (pas au niveau des mots, mais du contenu, on est d’accord). On est alors finalement devant un film d’auteur qui n’hésite pas à être contemplatif. Au plus grand bonheur des spectateurs. Car c’est dans les magnifiques décors d’Australie que le film prend son temps et nous fait voyager au pays des « Wild Things ». C’est d’ailleurs le seul défaut que je donnerais au film. Mais ça part d’un avis tout à fait personnel. Car les scènes, disons, de paysage, m’ont prises aux tripes, et j’aurais aimé 20 minutes de plus en présence de ces maximonstres, marchant dans le désert australien. Aussi, et c’est un véritable bonheur pour les yeux, la présence très faible de CGI, hormis pour la bouche de Carol et ses copains, où les maximonstres sont des vrais costumes, car, et c’est Spike Jonze qui le dit « on ne peut pas faire de câlins à un personnage en 3D », et franchement, c’est toujours un plaisir de voir ça, sachant que c’est de plus en plus rare.

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Enfin, autre point fort, c’est la musique. Là où on entendait l’excellent Wake Up de Arcade Fire dans la bande annonce, c’est en fait Karen-O, la chanteuse des Yeah Yeah Yeahs , qui a composé toutes les chansons en collaboration avec Carter Burwell (rien que, oui oui) et en compagnie d’une chorale d’enfants.
Max et les maximonstres est donc un véritable poème de 1h40, un film pour les enfants, mais surtout pour ceux qui ont grandi. Il m’est difficile de mettre une note sur cette œuvre, mais si je devais le faire, ce serait un 9/10.



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